Semaine Sainte - Paroisse Copte Orthodoxe de la Vierge Marie

Semaine Sainte

La semaine Sainte est la semaine la plus Sacrée de l’année au sein de notre Eglise. Effectivement, la Crucifixion du Christ et sa Résurrection sont le fondement du christianisme. Comme le dit Saint Paul : « S’Il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. «  (1Co 15 :13-14)

Les prières de la Semaine Sainte sont appelé Pascha qui est un mot copte qui signifie passer au-dessus. En effet, le semaine pascale est la célébration du passage dans l’église du Nouveau Testament.

Lors de la Pâques juives, les juifs célèbrent le passage de la mer rouge lors de l’exode. Ils gardèrent un agneau, du 10e au 14e jour du mois de Nissan du calendrier juif, et le 14eme jour, l'agneau était sacrifié. Ils utilisèrent son sang pour couvrir les montants des portes de leurs demeures, afin que lorsque l'ange de la mort arriva en Egypte pour tuer tous les garçons premiers nés, ne pénétra pas dans les demeures ayant signés leurs montants. Après cela, le peuple juif fut libéré de l’esclavage de Pharaon. De la même manière nous aussi, lorsque l’agneau de Dieu fut sacrifié sur la croix, nous fûmes libérés de l’esclavage du péché.

  1. Tradition de l’Eglise

Les premiers chrétiens ne célébraient Pâques qu’une fois tous les 33 ans (considéré comme l’âge du Christ lors de sa crucifixion), mais constatant que plein de personnes mourraient sans fêter ne serait- ce qu’une seule fois la Sainte Pâques, ils décident de la célébrer tous les ans.

Ainsi, durant la semaine Sainte, nous revivons la passion du Christ dans son intégralité (cf plus bas). D’ailleurs, les premiers chrétiens, à Jérusalem, avaient l’habitude de visiter et prier sur chaque site, où avaient eu lei à l’origine ces événements.

L’Eglise primitive pour marquer la grande importance de la Semaine Sainte, elle élevait le niveau d’ascétisme au maximum, par des jeûnes, des prières, des prosternation (metanoias) et des louanges, ils ne mangeaient que du pain et du sel, considérant qu’il était inapproprié de gouter à quelque chose de doux ou sucré alors qu’on revivait les souffrances du Christ. Pour les mêmes raisons les femmes ne se maquillaient plus, ne portaient plus de bijoux et consacraient tout leur temps dans l’adoration de Dieu. La plupart des chrétiens s’abstenaient de toute nourriture du Vendredi saint Jusqu’au repas de Pâques.

D’ailleurs, l’empereur Théodose, qui était chrétien, ordonna que la semaine sainte soit une semaine fériée pour tout l’empire, afin que tout le monde puisse se réunir et se consacrer entièrement à la prière comme une seule famille, même les prisonniers étaient autorisés à quitter leurs liens pour assister aux offices de la Semaine Sainte.

  1. Organisation de l’Eglise

Selon la loi de l’ancien testament, le sacrifice pour le péché devait avoir lieu en dehors de Jérusalem : « Il fera porter le taureau hors du camp » (Lv 4 :21), de la même manière, le Christ qui a porté tous nos péchés a été crucifié en dehors de Jérusalem. Ainsi, l’Eglise suivant le commandement de l’ancien testament, célèbre toutes les prières de la Semaine Sainte en dehors de l’autel. Ainsi les offices de la Semaine Sainte ont lieux au milieu de l’église. Comme le dit Saint Paul dans son épître aux Hébreux : « Par conséquent, pour aller à lui sortons en dehors du camp, en portant son opprobre. » (He 13 :13) De même, on n’ouvre pas le rideau de l’autel pour se rappeler que les portes du ciel furent fermées jusqu’à sa crucifixion.

De plus, des voiles noirs sont placés dans toute l’Eglise (pupitre, voiles,…) afin de créer  une atmosphère de deuil intense, pour que l’on puisse participer aux souffrances du Christ, car comme Saint Paul nous l’explique : « le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort » (Phi 3 :10)

  1. Les sacrements

Durant la semaine sainte, l’église se concentre exclusivement sur les souffrances du Christ. Il n’y a donc aucune élévation d’encens qui sont fait durant les trois premiers jours de la semaine. Par conséquent aucun sacrement n’est effectué durant ces jours (exception faite au sacrement de la confession, qui ne peut en aucun cas être refusé). Le premier sacrement de la semaine sainte est la Sainte Liturgie du Jeudi Saint.

C’est pour cette raison que l’église prépare ses fidèles, avant la Semaine Sainte, avec le sacrement de l’onction des malades donné à tout le monde le dernier vendredi appelé Vendredi de clôture du Carême. Le sixième dimanche du carême est aussi appelé le dimanche des baptisés, c’est le jour où la plupart des catéchumènes et des enfants reçoivent le baptême pour ainsi pouvoir recevoir la communion et préparer Pâques.

De plus,  après le dimanche des rameaux, est effectué le service des funérailles générales pour l’ensemble de la congrégation. Car si une personne venait à décéder durant la Semaine Sainte, il n’y aurait pas de funérailles religieuses, son cercueil assisterait à une heure de prière de l’office de la Semaine Sainte et il serait ensuite enterré en silence. Car en effet toute notre attention doit être portée sur les souffrances du Christ.

  1. Les hymnes de la Semaine Pascale

Il est connu que les hymnes de la Semaine Sainte dans l’Eglise Copte Orthodoxe font partie des plus anciennes mélodies ecclésiastiques chantées jusqu'à nos jours depuis le début de l’ère chrétienne. Les mélodies tristes, de ces chants, nous remplissent de réconfort et de secours, elles nous conduisent à nous détourner des problèmes mondains et à nous élever au-dessus d’eux, afin que nous puissions nous reposer dans la sérénité de Dieu. De plus pour la plupart, ces chants ont une structure simple, mais une puissance incroyable pour ce qui est de leur profondeur.

L'hymne pascal (A toi la puissance) est peut-être le chant qui représente le mieux toute la semaine pascale. Sa répétition nous conduit à être habités par ce chant, par ses paroles, par son sens et par une méditation approfondie. L’église répète cet hymne douze fois par heure pour remplacer les douze psaumes de chaque prière canonique. Ses paroles sont très simples, uniquement composées de douze mots en copte (treize en français). Non seulement l'hymne Pascal est un psaume de prière, mais c'est aussi un sermon historique.

Comme l’a écrit Sa Sainteté le Pape Shenouda III, 117ème Pape d’Alexandrie:

Le Christ Seigneur a laissé Jérusalem pour Béthanie, nous le suivons en disant : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire ». Les chefs des prêtres étaient ennuyés quand le Seigneur purifia le Temple et lui ont demandé « Par quelle autorité fais-tu cela ? » Mais nous répondons : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire, Emmanuel notre Dieu et notre Roi ». Il projetèrent alors de le tuer tandis que nous le défendons en disant : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire» Le Seigneur dans son humilité se pencha pour laver les pieds de ses apôtres, et nous le louons en disant : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire» Le Seigneur pria à Gethsémani dans une telle agonie, que sa sueur devint comme des gouttes de sang et nous proclamons : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire». Nous le suivons heure par heure, quand il est arrêté, jugé par ses ennemies, couronné d’épine, fouetté, tombant sous la croix, cloué, jusqu’à ce qu’il remit son esprit entre les mains du Père, et quand il accepta le brigand de droite avec lui au paradis, et nous lui avons sans cesse chanté cet hymne : « A toi la puissance, la bénédiction, l’honneur et la gloire pour l’éternité, Amen »

  1. Les Heures et Lectures de la Semaine Sainte

La Semaine Sainte est le seul moment de l'année où l’on ne prie pas avec l’Agpeya afin de se concentrer uniquement sur la Passion de notre Seigneur Jésus. Ainsi une journée d’office est composé de la prière de la journée puis de la veille du lendemain, et chacune de ces parties est divisée en 5 heures (1ere , 3e , 6e , 9e et 11e )

Chacune de ces heures sont divisées dans cet ordre:

1) Prophéties et livre poétique : est lue à chaque heure généralement une prophétie, expliquant comment Jérusalem traitera le Messie, puis un chapitre d’un livre poétique (le plus souvent des proverbes ou la Sagesse) qui nous parle de l’importance de certaines vertus: la sagesse, la crainte de Dieu, justice…

2) Une Homélie d’un père de l’église (pas à chaque heure)

3) La Doxologie de la Paskha(« A toi la puissance ») ! Ce chant est inspiré du Livre de l'Apocalypse. « Chaque fois que les êtres vivants rendent gloire et honneur et merci à celui qui est assis sur le trône, qui vit aux siècles des siècles » (Apocalypse 4:9), « ils disent à haute voix: "Digne est l'Agneau égorgé de recevoir la puissance, les richesses et sagesse, la force et l'honneur et la gloire et la bénédiction! " » (Apocalypse 5:12). L'Église s'unit aux anges qui sont devant le trône de Dieu, faisant l'éloge du Dieu Vivant éternel. A partir de la onzième heure du mardi, nous ajoutons «Notre bon Sauveur » à la louange, attestant ainsi que les souffrances du Christ qui sont subies pour notre salut, ont commencé quand les grands prêtres et les anciens, complotèrent pour l’arrêter et le mettre à mort. Puis enfin à partir de la veille du vendredi nous ajoutons «Ma force et ma louange sont le Seigneur et il est pour moi un Saint Salut », soulignant ainsi que le salut est accompli sur la Croix.

4) Psaume et Evangile : L’Eglise choisit des versets et des psaumes qui se rapportent aux souffrances du Christ qui sont lus dans un air triste.

5) Le Commentaire de l’évangile

6) Les Litanies

7) 12 fois Seigneur aie pitié

8) Le Chant final (O Roi de la Paix)

9) La Bénédiction

Résumé des jours de la semaine :

Lundi Saint :

Le Christ a vu le figuier avec des feuilles seulement. En faisant attention, il observa l'absence de fruits. « Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit : Que jamais personne ne mange de ton fruit ! Et ses disciples l'entendirent. » (Marc 11 : 13-14) le lendemain en repassant devant le figuier, ils l’ont vu assécher jusqu’à la racine.

 

Mardi Saint :

Dans cet épisode évangélique, Jésus et ses disciples se rendent à Jérusalem pour la Pâque, où il expulse les marchands du Temple de Jérusalem, les accusant de transformer le Temple en un repaire de voleurs au travers de leurs activités commerciales. Dans l'Évangile selon Saint- Jean, Jésus se réfère au Temple sous le nom de la "maison de mon Père", ainsi il se réclame être le Fils de Dieu.

 

Mercredi Saint :

1) Jésus, notre Dieu, est venu à Béthanie six jours avant la Pâque. On lui fit un repas dans la maison de Marie et sa sœur Marthe. Il y avait là Lazare qu'Il avait ressuscité d'entre les morts. Marthe, la sœur du mort était là et les servait. Lazare, leur frère, était avec Jésus parmi les convives. Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux. Judas l'Iscariote, le contrevenant, fut rempli de l'envie diabolique. Il dit avec ruse, et son cœur rempli de toute amertume, de malice et d'hypocrisie : « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données aux pauvres ? » Il n'a pas dit cela avec une bonne pensée, ni par amour envers les pauvres, mais parce que c'était un voleur et il prenait ce qu'on mettait dans la bourse. Le Sauveur lui dit : « Laisse-la ! Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. Les pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. »

2)Quand la fête des pains sans levain, c'est à dire la Pâque des juifs, était proche, les scribes et les grands prêtres cherchaient comment faire périr Jésus. Ils ne savaient que faire : ils avaient peur du peuple. Alors Satan s'est trouvé une demeure dans le cœur de Judas l'Iscariote. Celui-ci était compté parmi les disciples, mais il était un démon comme l'a dit le Seigneur. Il alla parler avec les grands prêtres et les sadducéens pour le leur livrer. L'impur négocia avec ses amis comment leur remettre le Sauveur du monde. Ils furent très heureux, eux qui étaient remplis de duperie. Ils décidèrent de lui donner de l'argent pour qu'il le leur livre loin de la foule.

 

Jeudi Saint :

La Cène est le nom donné au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze disciples le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa crucifixion (appelée encore Passion), et trois jours avant sa résurrection. Après y avoir mangé la Pâque avec eux, il institua l'Eucharistie en disant : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Puis il lava les pieds de ses disciples.

Le soir, il alla prié au jardin de Gethsémani où il pleura et sa sueur tombé comme des gouttes de sang. Ensuite, les juifs accompagné par Judas l’Iscariote qui leur donne comme signe : « Celui a qui je donnerai un baiser, c’est lui arrêter le. » Puis s’ensuivit l’audition et le procès de Jésus-Christ pendant toute la nuit.

 

Vendredi Saint :

Jésus fut obligé, comme d’autres condamnés au crucifiement (qui deviendra pour ce cas précis la Crucifixion), de porter sa propre croix jusqu’au mont du Golgotha (la place du crâne), le lieu de l’exécution. Les soldats obligent un passant, Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus. Les femmes suivaient Jésus, et pleuraient sur son destin, mais Il leur répondait par des citations (Os 10. 8). Quand ils arrivent au Golgotha, Jésus est alors crucifié, d’après les Évangiles synoptiques, à la « troisième heure » du jour (9 h). La croix comportait, au-dessus de la tête de Jésus, l’inscription«Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum» (INRI) « Jésus de Nazareth, roi des Juifs». L’Évangile selon Jean précise que Pilate a rédigé cette inscription sur un titulus (écriteau), en hébreu, en latin et en grec. Puis les vêtements de Jésus lui furent retirés par les soldats, pour être répartis entre eux en plusieurs lots. L’Évangile selon Jean dit que ceci accomplit une prophétie (Ps 22. 18). D’après l’Évangile selon Luc, les deux voleurs crucifiés aux côtés de Jésus, lui parlent. Saint Luc déclare que l’un railla Jésus ( gauche), et que l’autre le respecta (droite), et que Jésus déclara que le voleur respectueux, Dimas (le bon larron), gagnerait promptement son entrée au paradis; traditionnellement l’autre (le mauvais larron) est considéré comme voué à l’enfer. Dimas est considéré comme le premier saint de l'Église, canonisé par le Christ lui-même: «Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis» (Luc 23-43). Le Christ sur la croix représente pour les chrétiens le sommet de l'amour de Dieu pour l'homme: Jean chapitre 3 verset 16 dit «Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, Jésus, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle». Ce verset est un des fondements de la foi chrétienne.

 

Source :

www.eglise-saint-athanase.fr, rite de la semaine sainte

semaine sainte, escoptes.jimdo.com

livre de la Semaine Sainte, Eglise Copte Orthodoxe de la Vierge Marie, Genève

Cours de catéchisme CM2