Sainte Véréna - Paroisse Copte Orthodoxe de la Vierge Marie

Sainte Véréna

Sainte VérénaSainte Véréna est une sainte égyptienne qui vécut au quatrième siècle. Son histoire est associée à celle de la Légion Thébaine, martyrisée en Suisse.

Sa foi inébranlable, sa longue vie de charité chrétienne et ses nombreux miracles, ont contribué a répandre la foi chrétienne chez les peuples helvètes, dans la région de Suisse connue aujourd'hui sous le nom de Canton d'Argau. Sainte Véréna détient, dans la Suisse allemande une place comparable à celle de Sainte Ursule dans le Rhineland, de Sainte Odile en Alsace ou de Sainte Bridget en Suède.

Véréna était la fille unique d'une famille thébaine distinguée de Haute-Egypte. Elle fut confiée dès son jeune âge à un évêque nommé Chaeremon, qui lui donna l'instruction religieuse nécessaire pour recevoir le Baptême. Après le martyre de l'évêque Chaeremon, lors de la persécution qui sévit sous l'empereur romain Décius, Véréna séjourna avec quelques Chrétiens en Basse-Egypte. Là-bas, un grand nombre de croyants fut rassemblé pour accomplir leur service militaire sous les empereurs Dioclétien et Maximien. Parmi ces croyants se trouvaient des membres de la Légion Thébaine, commandée par Saint Maurice, et dans laquelle Véréna avait des parents proches.

Perpétuant une ancienne coutume copte selon laquelle les femmes suivaient les hommes de leur famille dans la Légion, afin de leur apporter soutien spirituel et réconfort, Véréna partit avec la Légion Thébaine en Italie jusqu'à Milan. A Milan, elle séjourna quelques années chez un saint homme nommé Maximus, fréquentant les prisons et les lieux de martyre, réconfortant les saints persécutés

Quand elle apprit la nouvelle du martyre de Saint Victor et ses frères thébains, Véréna franchit les Alpes, se rendit à Agaunum (aujourd'hui Saint-Maurice-en-Valais), puis en un lieu situé au-delà de la rivière Aar, non loin de Castrum Salodurum (aujourd'hui Solothurn). Elle séjourna chez un fugitif thébain, passant son temps à jeûner et prier. Puis elle se retira dans une petite grotte, menant une vie ascétique et austère de moniale. Elle vivait du travail de ses mains, qu'une femme chrétienne du voisinage vendait aux païens d’Helvétie.

Vierge hautement vénérée, Véréna fut considérée comme "mère des jeunes filles" à qui elle consacra une grande partie de son temps, leur enseignant les chemins de la vertu et de la piété chrétiennes, ainsi que les règles d'hygiène. Elle accomplit plusieurs miracles de guérison, convertissant de nombreuses personnes à la religion chrétienne.

Une fois, elle fut arrêtée par les forces romaines. Elle eut alors une vision où Saint Maurice vint la réconforter. Elle fut libérée par le gouverneur romain qu'elle avait miraculeusement guéri. Sa renommée ne tarda pas à se répandre grâce à ses nombreux miracles. Elle décida alors de quitter cette région, cherchant la solitude sur une petite île aux confluents de l'Aar et du Rhin. Elle délivra l'île de ses innombrables serpents, soigna les malades et guérit les aveugles et les boîteux.

Plus tard, elle se rendit à Tenedo (actuellement Zurzach) où elle trouva une église dédiée à la Sainte Vierge. Elle décida de passer le reste de sa vie dans cette ville, et habita chez le prêtre local. Mais la totale confiance que le prêtre lui témoignait excita la jalousie des villageois, et bien qu'elle consacrât son temps à s'occuper des pauvres et soigner les lépreux, les villageois tentèrent à plusieurs reprises de la discréditer. Elle supplia alors le prêtre de lui construire une cellule où elle pourrait passer le reste de ses jours dans la solitude. Sainte Véréna mena alors pendant onze ans une vie de solitude et d'austérité où elle continua à soigner les malades et assister ceux qui sollicitaient son aide.

Le jour de sa mort, elle fut spirituellement affermie par une vision de la Vierge. Après sa mort, son corps fut déposé dans une crypte construite sur le lieu de sa mort. Cette crypte devint l'un des centres de pèlerinage les plus fréquentés de la région, et le premier cloître du Canton d'Argau fut fondé non loin de là.

La place importante qu'occupa Sainte Véréna en Suisse est attestée par les nombreuses églises et fondations religieuses qui furent consacrées à son nom. Bien qu'il soit difficile d'en faire l'inventaire précis aujourd'hui, leur nombre se serait élevé à au moins quatre-vingt deux, dans les différents cantons. En Allemagne, quatorze chapelles lui furent consacrées, et ses reliques furent vénérées jusqu'à Helmgersberg en Allemagne et à Vienne.

A l'époque moderne, la maison impériale des Habsbourg adopta Sainte Véréna comme l'un des principaux saints patrons de la dynastie. Elle est également représentée parmi les statues religieuses suisses avec un peigne fin à sa main gauche et une cruche d'eau à sa main droite, rappelant l'attention qu'elle portait aux jeunes filles et son recours à l'eau guérisseuse pour soigner les malades et les lépreux. Cette même représentation apparaît sur les armes de la ville de Stafa dans le canton de Zurich. Parmi les centres de pèlerinage de sainte Véréna se trouvent la caverne de Sainte Véréna (Verenaschlucht), située entre Oberdorf et Fallern, près de Solothurn, ainsi que sa chapelle à Coblence.

Des sources coptes contemporaines ont considérablement contribué à vérifier l'histoire de Sainte Véréna et ont confirmé les détails relatifs à sa vie en Egypte. Au début du quatrième siècle, Eusèbe de Césarée confirma, dans son ouvrage sur l'histoire de l'Eglise Copte, l'existence de l'évêque Chaeremon de Nilos aux lieux et dates rapportées dans les sources européennes. Il relata même l'histoire de sa mort pendant les persécutions de Décius, rapportée par le patriarche d'Alexandrie du moment, Saint Dionysius le Grand, dans sa lettre à l'évêque Fabius d'Antioche. De plus, Chaeremon est un nom originaire de l'ancienne Egypte, qui signifie "Fils d'Amon".

Le nom Véréna serait la forme copte du nom ptolémaïque Bérénice, mais il pourrait aussi trouver son origine dans l'ancienne Egypte, comme composé des mots coptes et anciens égyptiens "vre" (fleur) et "ne" (la ville, Thèbes), soit "La fleur de Thèbes" .