9 Hâtour - Paroisse Copte Orthodoxe de la Vierge Marie

9 Hâtour

1. Décès d’abba Isaac, le quarante-et-unième pape d’Alexandrie.
2. Tenue du concile de Nicée.

  1. Nous commémorons aujourd’hui le décès d’abba Isaac (أنبا اسحاق), le quarante-et-unième pape d’Alexandrie. Ce saint naquit à el-Boroulos (البرلس) de parents riches et craignant Dieu et il vint au monde de longues années après le mariage de ses parents. Le jour de son baptême, l’évêque qui officiait vit une croix sur la tête de l’enfant. Il posa la main de ce dernier sur sa propre tête et prophétisa en disant : « l’Eglise de Dieu lui sera confiée. » Puis il dit à ses parents : « Prenez soin de lui car c’est un vase choisi par Dieu. »
    Quand il grandit, ses parents lui apprirent à lire et à écrire et lui enseignèrent la théologie. Il lisait assidument l’histoire des saints et fut attiré par le monachisme. Il quitta ses parents, se rendit au désert de saint Macaire et se mit sous la direction d’abba Zacharie (زكريا), l’higoumène. Un ange du Seigneur avait prévenu ce dernier de la venue d’Isaac et il l’accepta avec joie. Un jour un ancien l’aperçut à l’église et celui-ci prophétisa en disant : « L’Eglise de Dieu lui sera confiée. »
    Le patriarche en place rechercha un moine qui deviendra son secrétaire et son confident. Les personnes présentes lui vantèrent les qualités du père Isaac, il le convoqua et lui donna une lettre à écrire. Il l’écrivit avec de nombreuses fautes intentionnellement afin que le patriarche le libère de cette tâche car il dédaignait la gloire du monde. Mais le pape comprit ses intentions et lui dit : « Tu as bien écrit, reste ici. » Il comprit alors que le pape ne le laissera pas partir, par conséquent il utilisa toute sa science dans l’écriture et ses vertus furent mises en évidence. Toutefois, à cause de son attirance pour la solitude, il retourna au désert peu de temps après.
    Lorsqu’approcha le moment où le pape Jean III (يوحنا) devait quitter ce monde, il demanda au Christ de lui faire savoir qui lui succèdera. Il lui aurait été dit dans un songe que ce sera son disciple, Isaac, qui sera patriarche après lui. Il fit alors ses recommandations au peuple et l’informa que par ordre Divin ce sera Isaac qui siègera sur le trône après lui.
    Après son intronisation, abba Isaac s’occupa de l’Eglise et entreprit la rénovation de nombreuses églises, entre autre celle de saint Marc, l’évangéliste ainsi que la cellule patriarcale. Il dut subir de nombreuses difficultés et demeura sur le trône trois ans et demi puis décéda en paix.

    Que ses prières soient avec nous. Amen!

  2. Nous commémorons aussi la tenue en l’an 325 après Jésus Christ d’un concile de 318 pères dans la ville de Nicée (نيقية) à l’époque de l’empereur Constantin. Parmi eux il y avait les chefs des quatre sièges principaux :
    • Abba Alexandre (الكسندروس), le dix-neuvième patriarche d’Alexandrie accompagné d’Athanase (اثناسيوس) l’archidiacre et son secrétaire particulier,
    • Eustathe (اسطاسيوس) le patriarche d’Antioche,
    • Macaire (مكاريوس) l’évêque de Jérusalem.

    Quant à Sylvestre (سيلفستروس), l’évêque de Rome, il était représenté par deux prêtres en raison de son grand âge. Ce concile a été convoqué pour juger Arius (أريوس), un prêtre d’Alexandrie, qui avait blasphémé contre le Fils de Dieu en disant qu’Il n’est pas consubstantiel au Père et qu’Il lui était postérieur.
    Il y avait parmi les saints pères réunis certains qui ont le même rang que les apôtres et qui étaient capables de ressusciter les morts, de guérir les malades et de faire d’autres grands miracles. Certains d’entre eux avaient subi les persécutions et avaient été mutilés. Parmi ceux-là il y avait Paphnuce (بفنوتيوس), un évêque de haute Egypte qui avait été torturé cruellement sous Dioclétien ; en conséquence il fut appelé le martyr parmi les prêtres. C’était un vieillard aimé par Dieu et par les hommes et Dieu avait réalisé de nombreux miracles grâce à ses prières.
    Lorsqu’ils se réunirent, les pères du concile s’installèrent aux emplacements qui leurs étaient réservés. L’empereur Constantin, le juste, les salua en commençant par l’évêque saint Paphnuce qu’il respectait et dont il embrassa les plaies. Il leur remit son sceptre et son épée en leur disant : « Vous avez aujourd’hui l’autorité de l’Eglise et celle de l’empire vous pouvez lier ou délier comme l’a dit le Seigneur. Vous pouvez aussi exiler ou maintenir comme bon vous semble. »
    Plusieurs personnes éclairés par l’Esprit Saint comptaient les participants et trouvaient 319 alors qu’ils ne trouvaient que 318 sièges. Ceci étaient pour accomplir la parole du Seigneur : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
    Ils firent venir Arius et lui demandèrent de proclamer sa Foi. Il blasphéma en disant que le Père existait avant le Fils. Ils lui expliquèrent son égarement mais il ne voulut pas changer d’avis. Alors, ils l’excommunièrent ainsi que tous ceux qui partageaient sa croyance et sa conviction. Puis ils instituèrent l’acte de Foi chrétienne que voici :

    • Nous croyons en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.
    • Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus Christ le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père par Qui tout a été fait
    • Qui pour nous, les hommes, et pour notre Salut est descendu du ciel, par l’Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme,
    • Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli.
    • Il est ressuscité le troisième jour conformément aux écritures.
    • Il est monté aux cieux et s’est assis à la droite du Père
    • d’où Il reviendra dans Sa gloire pour juger les vivants et les morts et Son règne n’aura pas de fin.

    Plus tard lorsque le concile de Constantinople fut tenu, les 150 pères, qui se réunirent, complétèrent cet acte de Foi en disant :

    • Nous croyons en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ; Il procède du Père. Avec le Père et le Fils, Il reçoit même adoration et même gloire. Il a parlé par les prophètes.
    • Nous croyons en l’Eglise, Une, Sainte, Catholique (جامعة) et Apostolique.
    • Nous reconnaissons un seul baptême pour le pardon des péchés.
    • Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

    Ils interdirent d’y ajouter ou d’en retirer quoi que ce soit et ordonnèrent à tous les fidèles, le clergé et les laïcs, les jeunes et les vieux, les femmes et les hommes, de lire cet acte de Foi et de le réciter pendant la divine liturgie et les prières.
    Les pères assemblés au concile de Nicée prirent plusieurs autres décisions après avoir excommunié Arius et établi l’acte de Foi :

    1. Le concile a confirmé les droits du patriarche d’Alexandrie sur les évêques qui dépendent de lui à cause de l’attitude de Mélitios (ميليتس) l’évêque d’Assiout (اسيوط) qui avait résisté à son supérieur le pape d’Alexandrie, saint Pierre le martyr.
    2. Le concile a tranché le conflit qu’il y avait entre certains évêques d’Afrique et d’Asie et l’évêque de Rome en ce qui concerne le baptême donné par les hérétiques. Il décida que ce baptême est nul contrairement à l’avis de l’évêque de Rome et ceux qui partageaient son avis.
    3. Il définit que la fête de Pâques aura lieu le dimanche qui suit la pleine lune de la Pâque juive. Ceci afin que l’on ne fête pas la Résurrection avant la pâque juive ni en même temps que celle-ci. Ils demandèrent au patriarche d’Alexandrie d’informer toutes les églises de la date de cette fête car ils étaient réputés pour la précision du calcul.

    Après avoir ainsi affermi l’Eglise et établi le phare de la religion, ils retournèrent vers leurs sièges épiscopaux.

    Que leurs prières soient avec nous et gloire soit à notre Seigneur éternellement. Amen !