6 Kyahk - Paroisse Copte Orthodoxe de la Vierge Marie

6 Kyahk

1. Martyre de saint Patlasse.
2. Décès de saint Abraham, le 62ème pape d'Alexandrie

  1. Nous commémorons aujourd'hui saint Patlasse (باطلس), le prêtre et le martyr.

    Que ses prières soient avec nous.

  2. Nous commémorons aussi le décès en l'an 970 après Jésus Christ de saint Abraham (ابرآم), le 62ème pape d'Alexandrie. Ce pape était originaire d'orient. Il était le fils de Zaraa le syriaque (ابن زرعة السريانى) qui était un riche commerçant qui visitait souvent l'Egypte où il finit par s'établir. Il était réputé pour sa bonté et sa science ainsi que pour ses nombreuses vertus comme la miséricorde pour les pauvres.
    Lorsque le siège patriarcal devint vaquant, les évêques et les notables de l'Eglise le choisirent pour être le patriarche. Il distribua ses biens aux pauvres et aux nécessiteux à cette occasion. A son époque le ministre copte Kosmân ibn Mina (قزمان إبن مينا) fut nommé gouverneur en Palestine. Avant son départ il confia au patriarche cent mille dinars et lui recommanda de les distribuer aux pauvres, aux nécessiteux et aux églises s'il mourrait là bas. Lorsque le patriarche entendit que la Syrie et la Palestine avaient été envahies, il crut que Kosmân était mort et distribua l'argent comme il le lui avait recommandé. Mais ce dernier avait survécu et il revint en Egypte. Le patriarche lui raconta ce qu'il avait fait et Kosmân en fut réjouit.
    Ce patriarche mit fin aux mauvaises habitudes qui s'étaient établies. Il interdit et excommunia tous ceux qui avaient recours aux dessous de table pour obtenir une position dans la hiérarchie de l'Eglise. De même il interdit avec insistance à quiconque de prendre une concubine. Ceux qui l'avaient fait craignirent Dieu et eurent peur d'être excommuniés. Ils relâchèrent leurs concubines et vinrent à lui repentants. Un seul ne voulut pas se repentir malgré la patience du patriarche. Il ne craignit ni Dieu ni l'excommunication et persista dans son erreur malgré les enseignements répétés du patriarche. Celui-ci alla jusqu'à s'humilier comme le Christ son créateur en se rendant chez ce riche notable. Ce dernier, ayant appris la venue du patriarche, ferma sa porte. Le patriarche demeura deux heures à frapper à la porte sans qu'elle ne lui soit ouverte. Convaincu que cet homme était devenu la branche pourrie qui pouvait contaminer le reste du troupeau, il estima convenable de le séparer du corps de l'Eglise et prononça l'excommunication et secoua la poussière de ses sandales sur le seuil de la porte. Celui-ci se fendit immédiatement miraculeusement malgré la dureté de la pierre. Dieu montra alors sa toute-puissance. Ce misérable fut licencié de sont poste, s'appauvrit, tomba malade et finit par mourir.
    A l'époque de ce patriarche, le khalife al-Mou'iz (ألمعز) avait un ministre nommé Jacques fils de Joseph (يعقوب بن يوسف). Celui-ci était un juif converti à l'islam. Ce ministre avait un ami juif qui pu ainsi se rapprocher d'al-Mou'iz. Celui-ci obtint que le patriarche soit convoqué pour polémiquer avec lui. Abba Abraham arriva accompagné de l'évêque d'al-Achmounayn (ألأشمونين) abba Sévère ibn al-Moukaffaa (ساويرس إبن ألمقفع). Ils s'assirent silencieusement côte à côte. Al-Mou'iz leur demanda : pourquoi ne polémiquez-vous pas. Alors abba Sévère répondit : « Comment pourrions-nous polémiquer en présence du prince des croyants avec celui qui est moins raisonnable qu'un taureau. » Et, à la demande d'al-Mou'iz il explique : « Le prophète dit :
    ‘Le bœuf connaît son propriétaire,
    et l'âne, la crèche de son maître.
    Israël ne me connaît pas,
    mon peuple ne comprend pas’. »
    Ils polémiquèrent avec leur contradicteur et le confondirent par les preuves qu'ils apportèrent sur la véracité de la religion chrétienne puis partirent de chez al-Mou'iz avec les honneurs. Cet homme et le ministre ne supportèrent pas cette défaite et cherchèrent l'occasion de se venger des chrétiens.
    Quelques jours plus tard, le ministre se rendit chez le khalife et lui dit : « Votre majesté, vous savez que les chrétiens n'ont rien pour appuyer leurs dire. Voici que leur Evangile dit :
    ‘si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : 'Transporte-toi d'ici jusque là-bas', et elle se transportera’
    Le caractère mensonger de cette déclaration ne peut pas se dissimuler à votre majesté. Il faut convoquer le patriarche pour qu'il fasse la preuve des dires de leur Christ ». Le khalife se dit alors : « Si les paroles du Christ sont vraies, nous pouvons en bénéficier. En effet le mont al-Moukattam est trop près du Caire, il pouvait être un peu plus loin, le centre ville gagnera en espace. Par contre si ces paroles sont sans fondement, nous seront justifiés pour persécuter les chrétiens. »
    Al-Mou'iz convoqua alors le patriarche et lui mit le marché entre les mains. Celui-ci lui demanda un délai de trois jours ce qui lui fut accordé. Le patriarche réunit alors les moines et les évêques proches, et ils demeurèrent trois jours à l'église al-Mou'allaka (المعلقة) à jeûner et à prier Dieu. A la fin de la troisième nuit la sainte vierge lui apparut et lui apprit que Dieu allait faire ce miracle par l'intermédiaire d'un saint homme, tanneur de son état. Le patriarche fit venir cet homme, puis ils sortirent avec les moines, les prêtres et le peuple et se présentèrent chez al-Mou'iz qui sortit avec les gens de sa cour et ils partirent pour al-Moukattam. Le patriarche et ceux qui étaient avec lui se tinrent d'un côté et le khalife et les siens de l'autre. Le patriarche et l'assemblée prièrent et se prosternèrent trois fois en disant à chaque fois Kirié Eléisson – Pitié Seigneur. A chaque fois que le patriarche et l'assemblée levait la tête, la montagne se soulevait et lorsqu'ils se prosternaient elle se posait. A chaque fois qu'ils avançaient elle avançait devant eux. Al-Mou'iz et ses compagnons furent pris d'une grande crainte, certains d'entre eux tombèrent à terre. Al-Mou'iz avança avec son cheval jusqu'au patriarche et lui dit : « Je sais maintenant que tu es un homme de Dieu. Demande ce que tu désires et je te l'accorderai. » En un premier temps le patriarche refusa de faire la moindre demande mais, devant l'insistance du khalife, fini par demander la reconstruction des églises, plus spécialement l'église de saint Mercure au vieux Caire. Al-Mou'iz rédigea alors un décret en ce sens et voulut lui donner une grande somme d'argent dans ce but. Mais le patriarche refusa de prendre l'argent en le remerciant. Voyant le désintéressement du patriarche et sa grande crainte de Dieu, le khalife le prit en estime.
    Lorsqu'ils voulurent commencer les travaux de reconstruction de l'église de saint Mercure, certains voulurent s'y opposer. Al-Mou'iz vint personnellement pour s'interposer et resta présent jusqu'à ce que les fondations aient été posées. De nombreuses églises furent reconstruites sur l'étendu de la prédication de saint Marc. Ayant achevé son combat, il décéda en paix après avoir siégé 3 ans et 6 jours.

    Que les prières de ce saint soient avec nous et gloire soit à notre Seigneur éternellement. Amen !