14 Kyahk - Paroisse Copte Orthodoxe de la Vierge Marie

14 Kyahk

1. Martyre de saint Behnam et sainte Sarah, sa sœur.
2. Décès de saint Christodule.
3. Martyre des saints Siméon de Ménouf, abba Hour et abba Ménas l’ancien.
4. Martyre de saint Amonius, évêque d’Esna (Latopolis).

  1. Nous commémorons aujourd’hui le martyre de saint Behnam (بهنام) et sainte Sarah (سارة), sa sœur, qui étaient les enfants de Sennacherib, le roi des Perses (سنحاريب ملك الفرس).
    Behnam sortit un jour pour chasser dans le désert accompagné de quarante serviteurs. Il vit une énorme bête qu’il traqua sur une longue distance et la nuit tomba alors qu’il était loin de sa troupe. Il dut donc passer la nuit sur place et rêva que quelqu’un lui disait : « Va trouver saint Matthieu qui habite dans cette montagne, il priera pour ta sœur et elle guérira. » En effet Sarah était atteinte d’une maladie incurable.
    A son réveil, il retrouva ses gens et ils se mirent à la recherche de saint Matthieu qu’ils trouvèrent dans une caverne. Behnam se mit à genoux devant le saint homme, lui raconta sa vision et lui demanda de l’accompagner à la ville. Saint Matthieu se mit en chemin avec Behnam. Celui-ci se dépêcha et arriva en premier. Il informa sa mère de ce qui s’était passé et lui expliqua que Matthieu se trouvait hors de la ville. Comme la mère de Behnam l’aimait beaucoup, elle accepta que Sarah parte en secret avec son frère. Quand ils arrivèrent près du saint, il pria à son intention et le Seigneur la guérit. Saint Matthieu leur enseigna la Foi chrétienne. Il pria de nouveau, aussitôt, une source d’eau apparut et il les baptisa au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Après quoi, il retourna à sa caverne.
    Quand le Roi Sennacherib sut que sa fille avait été guérie, il l’appela et lui demanda comment cela s’était produit. Elle lui répondit : "Le Seigneur Jésus Christ m'a accordé la guérison par l’intermédiaire de Saint Matthieu. Il a réussi là ou les étoiles que vous adorez n’ont jamais pu le faire". Le roi entra dans une grande colère et les menaça de les punir s’ils ne changeaient pas d’avis. La nuit venue, le frère et la sœur s’entendirent pour aller faire leurs adieux à saint Matthieu avant d’être tués. Ils partirent secrètement avec quelques uns de leurs amis.
    Lorsque le roi se rendit compte qu’ils étaient partis, il envoya une troupe après eux pour les tuer. Ceux-ci les trouvèrent en chemins et exécutèrent les ordres qu’ils avaient reçus. Saint Behnam et sainte Sarah reçurent ainsi la couronne du martyre.
    A leur retour, ceux qui avaient tué les deux jeunes gens trouvèrent que le roi était possédé par un mauvais esprit qui le torturait douloureusement. La reine envoya chercher saint Matthieu. Celui-ci pria pour le roi et le Seigneur le guérit sur-le-champ. Il leur enseigna la Foi chrétienne, alors, ils crurent ainsi que tous les habitants de la ville. Sennacherib construisit un grand monastère où il déposa les corps de ses deux enfants et saint Matthieu y demeura longtemps. Dieu fit apparaître de leurs corps de nombreux miracles de guérison.

    Que leurs prières soient avec nous. Amen !

  2. Nous commémorons aussi le décès de saint Christodule le joaillier (خرستوذلوس الصائغ). Ce saint était de la ville d’Héliopolis (عين شمس). Un jour, une femme de belle allure lui apporta un récipient endommagé en or et voulut le séduire en lui demandant de lui faire tout type de bijoux. Il lui répondit : « Aujourd’hui je suis fatigué, on verra çà demain, que la volonté de Dieu soit faite. » Puis il se leva, ramassa ses affaires et rentra chez lui. Il se mit à se faire des reproches en disant : « ô mon âme, tu n’es pas plus forte que les saints comme Macaire, Antoine, Pacôme et d’autres encore qui quittèrent ce monde et vécurent dans le désert. Fuis donc le monde si tu veux être sauvée. » Il raconta à sa mère ce qui s’était passé et lui demanda de lui permettre de partir au désert. Elle lui dit : « si les choses sont ainsi, conduis-moi d’abord dans un monastère où je pourrais me retirer. » Il fit ce qu’elle lui demandait, remit à l’abbesse l’argent nécessaire pour couvrir ses frais, distribua le reste aux pauvres et partit dans le désert. Trois jours plus tard il croisa trois hommes tenant chacun une croix resplendissante aussi éblouissante que le soleil. Il prit leur bénédiction et leur demanda de lui indiquer le chemin de son Salut. Ils lui montrèrent le chemin d’une vallée où se trouvaient des arbres fruitiers et une source d’eau claire. Il y demeura plusieurs années récitant assidument les psaumes et jeunant beaucoup. Sa nourriture était constituée des fruits que lui prodiguaient les arbres de cette vallée.
    Satan tentait en vain de le détourner de son chemin. Ayant échoué dans toutes ses manœuvres, il apparut vêtu comme les barbares à quelques malfaisants et leur raconta qu’un homme avait trouvé un trésor dans cette vallée et qu’il le gardait. Il leur proposa de leur indiquer le chemin et ils partirent avec lui mais ils ne purent y accéder. Il apparut, vêtu comme les moines, à saint Christodule et lui dit que d’autres moines sont égarés en haut de la montagne fatigués et assoiffés et il lui demanda de les secourir. Le saint fit alors le signe de la croix conformément aux coutumes monastiques et le démon partit en fumée. Ainsi il sortait vainqueur du démon grâce au signe de la croix.
    Saint Christodule poursuivit la vie de prière et d’ascétisme jusqu’à ce qu’il eut atteint un âge avancé. Lorsque l’heure de son départ de ce monde approcha, les trois anachorètes qui lui avaient indiqué cette vallée vinrent le voir. Ils prièrent ensemble et ils lui demandèrent de leur raconter comment il avait vécu afin qu’ils l’écrivent et que cela serve d’exemple. Après qu’il leur eut conté sa vie, il tomba légèrement malade puis décéda en paix.

    Que ses prières soient avec nous. Amen !

  3. Nous commémorons aussi aujourd’hui le martyre de saint Siméon (سمعان) de Ménouf (منوف) à l’époque arabe et celui des saints abba Hour (أباهور) et abba Ménas l’ancien (أبامينا الشيخ).

    Que leurs prières soient avec nous. Amen !

  4. Nous commémorons aussi en ce jour le martyre de saint Amonius (أمونيوس) évêque d’Esna (أسنا). Dès sa jeunesse il était réputé pour ses vertus et sa bonne conduite. En conséquence il fut sacré évêque d’Esna par abba Pierre (الأنبا بطرس) le pape d’Alexandrie. Il construisit un monastère sur le flan de la montagne proche de la ville à côté d’une source d’eau afin de pouvoir s’isoler. Il y aménagea une grotte où il demeurait toute la semaine. Le samedi il se rendait à l’église pour célébrer la liturgie eucharistique le dimanche. Il recevait les fidèles, tranchait leurs litiges, donnait ses enseignements et, le lundi, retournait dans sa caverne pour y mener une vie d’ascétisme et de prière.
    Un grand nombre de fidèles fut martyrisé à son époque. En effet, le gouverneur Arien (أريانوس) visita la haute Egypte et, chemin faisant, il martyrisait les chrétiens leur ordonnant d’adorer les idoles et ceux qui refusaient étaient tués.

    • En entrant à Esna, il vit quatre jeunes gens conduisant des ânes chargés de pastèques. Lorsque les soldats les interrogèrent au sujet de leurs croyances les jeunes gens affirmèrent être chrétiens et, en conséquence, furent immédiatement arrêtés. Quand leur mère apprit cela, elle vint les encourager et, s’adressant aux soldats, elle disait : « Nous aimons Jésus Christ et nous n’adorons pas vos idoles méprisables. » Le gouverneur ordonna, alors, qu’ils soient tous mis en prison. La nuit, la sainte Vierge apparut à la mère et lui dit : « Saches que mon Fils, le Seigneur et le Sauveur t’a conviée avec tes enfants Sarous (سروس), Hermân (هرمان), Bânouf (بانوف) et Bistây (بسطاي) au Royaume des cieux. » Puis, elle la salua et monta au ciel. Le lendemain, le gouverneur les convoqua et leur proposa d’adorer les idoles. Les jeunes gens et leur mère refusèrent avec bravoure et courage et, en conséquence, ils furent décapités. Ceci eut lieu le 6 Pachôns (بشنس) et des fidèles les enterrèrent chez eux. De nombreux miracles et prodiges apparurent grâce à leurs reliques.
    • Dans cette ville quatre notables étaient chargés de la collecte des impôts. Alors qu’ils faisaient leur rapport à Arien, l’un d’eux prononça le nom du Christ ce qui mit le gouverneur en colère, alors, il ordonna qu’ils soient torturés. Constatant leur résistance, il les fit décapiter et ils obtinrent la couronne du martyre le 6 Paoni (بؤونة). Un grand nombre de femmes, d’hommes et de moines furent martyrisés en même temps qu’eux.
    • Lorsqu’Arien se rendit à Armânt (أرمنت), deux femmes originaires d’Esna nommées Thècle (تكلة) et Marthe (مرتا) accoururent à lui et confessèrent leur Foi en Jésus Christ. Le gouverneur regarda ceux qui l’entouraient et leur dit : « Comment prétendez-vous qu’il n’y a parmi vous aucun chrétien ? » Les habitants de la ville firent leurs investigations et rapportèrent au gouverneur que ces deux femmes étaient étrangères à leur ville qui aimait les rois et les idoles. Elles furent alors décapitées sur l’ordre d’Arien le 17 Apip (أبيب).

    Un ange apparut à Amonius dans le désert et lui dit : « Salut à toi, Amonius, le Seigneur a entendu les prières que tu Lui as adressé pour ton peuple et vous a préparé les couronnes. Lève-toi, vas vers eux et enseigne-les à être fermes dans la confession de leur Foi en Jésus Christ. » Puis l’ange le salua et le quitta. L’évêque descendit promptement en ville, réunit ses fidèles et leur appris ce que l’ange lui avait dit. Ceux-ci confirmèrent qu’ils étaient prêts à supporter toutes les tortures pour le nom du Christ. Or, ce jour correspondait à la fête de saint Isaac (القديس اسحاق). Ils se rendirent sur le mont Kâtoun (جبل كاتون), ce qui signifie montagne des bonnes œuvres (جبل الخيرات) pour célébrer cette fête.
    Quant à Arien, il se rendit dans un village nommé Hélouane (حلوان) situé à l’ouest d’Esna dont les habitants affirmèrent leur Foi en Jésus Christ. Ils furent immédiatement décapités et obtinrent la couronne du martyre. Lorsqu’il entra dans la ville, il trouva les rues vides jusqu’à son arrivée à la porte nord surnommée porte de l’action de grâce (باب الشكر) car l’évêque y avait fait cette prière avec ses fidèles. Là, Arien trouva une femme âgée qui n’avait pas pu gravir la montagne avec les autres. Il lui demanda où étaient les habitants de la ville. Elle lui répondit qu’ils avaient entendu que le gouverneur infidèle revenait en ville pour tuer les chrétiens et qu’ils s’étaient rendu dans la montagne pour célébrer la fête. Lorsqu’il lui demanda quelle était sa croyance elle lui affirma être chrétienne. Alors, il la fit décapiter et poursuivit sa route en direction de la montagne.
    En chemin, il fit tué un groupe de personnes qu’il avait rencontré dans un lieu appelé al-Mabqala (المبقلة) et d’autres dans un village nommé Guirmagahat (جرماجهت) et encore d’autres dans un lieu appelé Séraya (سرايا). Ainsi, il tuait tous les chrétiens qu’il pouvait rencontrer en chemin jusqu’à sont arrivé au mont Kâtoun. A son arrivée, il fut reçu par les fidèles qui proclamaient fermement leur Foi. Il les menaça puis, comme ils ne se soumettaient pas à ses injonctions, il ordonna à ses soldats de dégainer leurs épées et de ne garder aucun en vie. Les fidèles s’encourageaient l’un l’autre, les parents encourageaient leurs enfants et tous proclamaient qu’ils allaient se joindre à la joie éternelle dans le Royaume des cieux. Leur martyre fut accompli le 19 Apip. Quant à l’évêque Amonius, il fut capturé et présenté à Arien. Celui-ci ordonna qu’il soit lié derrière les chevaux et emmené à Assouan.
    De passage par Esna, ils croisèrent trois paysans qui proclamaient leur Foi. Les soldats dirent qu’ils avaient juré de ne plus dégainer leurs épées dans cette ville, alors les hommes leurs remirent leurs haches avec lesquelles ils furent décapités à côté de la porte nord (الباب البحري) de la ville.
    Amonius fut mis dans un cachot à l’arrière du navire d’Arien qui le sortait de temps en temps pour lui ordonner d’encenser les idoles. Mais l’évêque n’accepta jamais de le faire. Lassé par sa fermeté, le gouverneur ordonna qu’il fut brûlé et, ainsi, il obtint la couronne du martyre le 14 Koiak. Son corps demeura intact et fut recueillit par quelques fidèles qui l’ensevelirent et l’enterrèrent en cachette jusqu’à la fin de la période des persécutions. Certains fidèles d’Esna voulurent le ramener dans leur ville mais une voix sortit de la dépouille disant : « Cet endroit est celui que le Seigneur a choisi pour moi. »

    Que les prières de ces saints soient avec nous et gloire soit à notre Seigneur éternellement. Amen !